« Jusqu’à quand l’humanité pourra vivre sans lucidité, sans équilibre entre le corps et la raison, l’ombre et la lumière, la matière et l’esprit ? »
À Paris, il y a la Seine sur laquelle coule le soleil, sur laquelle nage la pluie. La Seine qui colporte depuis des siècles le murmure des artistes, bruissant comme le pouls de la ville. Au niveau du pont Alexandre III, on peut voir l’Harmonie triomphant de la discorde surplombant le fleuve, comme une requête aux artistes qui s’empareront à l’avenir de la grande Nef parisienne.
L’artiste contemporaine Taisa Nasser, en digne alchimiste, expose une interprétation créative du concept d’Harmonie. En effet, lors du vernissage au Grand Palais, on pouvait assister à la rencontre des peintures de Taisa Nasser et du travail audiovisuel de Miguel Cianca. Dans son court métrage, le réalisateur a mis en scène la démarche de l’artiste contemporaine en filmant tour à tour la chorégraphe Pyrène Hertz et le comédien Etienne Beydon. Les toiles et les écrans s’y unissent, tels Arès et Aphrodite engendrant Harmonie. La guerre et l’amour. Le dialogue entre les savoirs au-dessus de la discorde.
L’installation de l’artiste plasticienne donne une nouvelle signification au discours des arts et des artistes. Le peintre allemand Paul Klee disait du dialogue avec la nature qu’il était une condition sine qua non pour l’artiste. L’artiste est homme, il est lui-même nature, morceau de la nature dans l’aire de la nature. Et à Nietzsche de poursuivre : « Tout individu collabore à l’ensemble du cosmos. » Le dialogue entre les artistes semble aujourd’hui indispensable et s’impose comme une urgence pour sublimer chaque individu, chaque esprit et chaque conscience cosmique. La notion de fraternité, en se développant, inspire et éclaire l’unicité de chacun. La Vie ne commence-t-elle pas vraiment par cette lucidité, cette nouvelle conscience ?
Fraternelle et surprenante, l’exposition de Taisa Nasser au Grand Palais s’inscrit comme une réponse à notre époque. On s’y arrête et on s’y plonge, comme happé par une force mystique. « Je m’étonne donc je suis » écrivait Proust. De l’installation de l’artiste contemporaine émane un lyrisme fort. Une exclamation développée, l’homme dépassé.
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Por: Guillaume Elmassian - www.taisanasser.com
Grand Palais
Salon des artistes indépendants

